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Présentation de la mission d’inventaire du patrimoine industriel.

Suite à une étude de potentialité pour la création d’un écomusée de la mémoire ouvrière et industrielle, la CAC a choisi de lancer une démarche de recensement du patrimoine industriel de son territoire, afin de valoriser un aspect indissociable de notre histoire.

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La plaine industrielle de Montataire.
Photo. C. Lorieux.

1. PRESENTATION DE LA MISSION

Comment est né cet inventaire ?

Suite à un appel d’offre lancé en février 2003 par l’AMOI (Association pour la Mémoire Ouvrière et Industrielle) et la CAC (maîtrise d’ouvrage), le Cabinet Mérimée Conseil a été retenu pour réaliser une étude de potentialité pour la création d’un écomusée de la mémoire ouvrière et industrielle. Un Projet culturel autour de la mémoire ouvrière et industrielle du bassin creillois a été présenté en février 2005. Dans son volet Scénarios de développement, le Cabinet Mérimée Conseil souligne la nécessité pour la maîtrise d’ouvrage [la Communauté de l’Agglomération Creilloise] de mener, en partenariat avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles une mission d’inventaire. Cette démarche est un préalable nécessaire. Un préalable avant toute mise en place réelle d’une valorisation quelle qu’elle soit mais centrée sur le potentiel industriel du bassin.

L’étude du patrimoine industriel du bassin creillois, décidée par la Communauté de l’Agglomération Creilloise en septembre 2005 avec le soutien scientifique du service régional de l’inventaire du patrimoine culturel (Conseil régional) et le Conseil général, a également été légitimée par plusieurs constats.

Au niveau national et régional, de grands sites industriels ont déjà été recensés et ces travaux ont fait l’objet de publications : bassin du Creusot-Montceau, région Poitou-Charentes, ville de Montreuil (93), ville de Bourges (18).

Au niveau départemental, après les inventaires menés sur l’arrondissement de Compiègne, de Beauvais et de la vallée du Thérain, l’étude du patrimoine industriel du bassin creillois s’imposait.

Aujourd’hui, de nombreuses usines, pour certaines plus que centenaires continuent de faire vivre économiquement le bassin (Arcelor-Mittal, Goss, Montupet…). Pourtant depuis 1999, des ensembles patrimoniaux importants de l’industrie ont disparu comme l’usine de zinc de la Vieille-Montagne à Creil, détruite entre 1999 et 2000 : ses trois hautes cheminées ont longtemps été un repère fort de l’industrie aux portes de la ville. Parallèlement, l’agglomération creilloise poursuit un processus de restructuration urbaine, touchant en partie d’anciens quartiers industriels et destiné à renforcer la qualité de vie des habitants.

Depuis septembre 2006 la mission d’inventaire du patrimoine industriel est confiée à Clarisse Lorieux.

Ses objectifs :

C’est pourquoi, afin d’éviter la perte définitive des repères industriels du bassin creillois tout en continuant la réhabilitation de ces quartiers qui témoignent de l’histoire industrielle, sociale, économique, l’étude d’inventaire a été lancée en septembre 2006 pour une durée de trois ans pendant lesquels les quatre communes de l’Agglomération Creilloise (Creil, Montataire, Nogent-sur-Oise et Villers-Saint-Paul) vont être inventoriées.

L’étude doit permettre d’apporter une meilleure connaissance du territoire aux décideurs.

Définition des patrimoines recensés :

La définition patrimoine industriel recouvre plusieurs sens : les usines, les lieux de production, les bâtiments sociaux construits par des industriels (cités ouvrières, écoles, salles des fêtes, logements de directeurs, d’employés, de contremaîtres, d’ingénieurs…) mais aussi les équipements techniques présents sur le site industriel (machines, outils…).

Le patrimoine commercial fait référence aux lieux de négoce, aux entrepôts liés à des activités industrielles. A ce titre, l’ancienne coopérative ouvrière à Montataire (94 rue Jean-Jaurès) ou les entrepôts de vins Lesage à Nogent-sur-Oise (avenue du général de Gaulle) entrent dans cette définition.

Le cadre chronologique :

L’inventaire retrace l’histoire industrielle du territoire intercommunal de la fin du 18e siècle (implantation des premières industries comme la faïencerie à Creil et les forges à Montataire) au milieu des années 1970. Un délai de trente ans est en effet laissé afin de pouvoir mieux juger du développement d’un site. Toutefois, les usines et bâtiments construits avant cette période font l’objet d’un historique allant jusqu’à nos jours.

2. METHODOLOGIE

Constitution des dossiers :

La méthodologie appliquée est celle de l’Inventaire Général. Chaque site ou machine est étudié et fait l’objet d’un dossier d’inventaire dont la mise en forme est réalisée à partir du dossier électronique Renabl, système exploité par un certain nombre de services d’inventaire en France dont celui de Picardie. Chaque dossier comprend :

- un historique : période ou date de construction, maîtres d’œuvre (architectes, entrepreneurs…), commanditaires…
- une description architecturale et technique (matériaux utilisés, style, décor, type d’énergie utilisée…)
- les sources documentaires utilisées
- un ensemble de documents iconographiques (plans, cartes, photographies anciennes et actuelles…)

Pour alimenter chaque dossier d’inventaire, un travail de recherche est réalisé auprès des archives communales et départementales. Elles concernent généralement les dossiers d’établissements insalubres, les dossiers de dommages de guerre, mais aussi les plans, cartes, ou cartes postales… Certains compléments sont réalisés auprès des archives nationales à Paris (Atlas des routes de France par Trudaine, milieu 18e siècle), de fonds documentaires spécialisés (Institut Français d’Architecture pour le fonds des architectes Perret, à Paris, Musée de l’Imprimerie à Lyon pour les archives de l’entreprise Voirin-Marinoni) et des archives d’entreprises lorsqu’elles sont accessibles.

Les recherches en archives sont complétées et recoupées par un travail de terrain (prises de vues, descriptif architectural…).

Les recherches en archives et le travail de terrain sont donc complémentaires et indissociables.

La mission d’inventaire du patrimoine industriel nécessite des déplacements réguliers dans l’Oise et en Picardie et des déplacements plus ponctuels en France (participation à des colloques, recherches en archives).

Partenaires et interlocuteurs :

Au sein de la Communauté de l’Agglomération Creilloise, la mission d’inventaire a des interactions avec la Direction de la Communication et des Relations Extérieures et la Direction de la Prospective et du Développement Durable du Territoire (SIG, SCOT...). En effet, certains quartiers concernés par les projets de renouvellements urbains concernent des quartiers industriels : il est donc indispensable de pouvoir concilier aménagement et recensement.

Les interlocuteurs extérieurs concernés par l’étude d’inventaire sont :

- les services d’archives, de communication, d’urbanisme et les services techniques des quatre communes

- l’Association pour la Mémoire Ouvrière et Industrielle (AMOI) qui joue un rôle dans la diffusion d’informations, de documents et la compréhension de l’histoire industrielle du bassin,

- les chercheurs « patrimoine industriel » de Picardie et de France,

- le service régional de l’inventaire basé à Amiens qui possède un fonds documentaires et iconographiques (site internet de la région Picardie : voir le lien suivant : http://inventaire.picardie.fr ou accès direct à la page, http://inventaire.picardie.fr/s/etu...)

- la direction de l’architecture et du patrimoine du Ministère de la Culture : elle est chargée de la relecture des dossiers réalisés qui seront reversés sur le serveur du Ministère de la Culture (www.culture.gouv.fr), dans les bases Mérimée (architecture) et Palissy (mobilier).

3. RESULTATS ET PRESENTATIONS PUBLIQUES

L’inventaire c’est aussi :

- la constitution d’une base de données complète sur le patrimoine industriel de la CAC

- des opérations d’urgence :

Une opération d’urgence a été réalisée en octobre 2006 sur le site de la fonderie Montupet à Nogent-sur-Oise lors du transfert de l’activité sur la commune voisine de Laigneville. Une autre opération d’urgence a été menée en mars et avril 2007 (destruction de l’unité de production urée-formol) ainsi qu’entre septembre 2008 et février 2009 (démolition de la centrale…) sur la plate-forme chimique de Villers-Saint-Paul.

- des présentations publiques, des colloques, des articles… :

A l’issue de chaque commune recensée, une conférence est organisée par la chargée d’étude. Quatre ont déjà été présentées :

- Le patrimoine industriel de Creil
- Moulins et usines sur le Thérain à Montataire : histoire industrielle d’une rivière
- Métal, tissu, peinture…200 ans de diversité industrielle à Montataire
- Panorama de l’histoire industrielle nogentaise : 1789-2009.

A ces présentations publiques s’ajoutent des participations à des colloques (Histoire et Patrimoine industriels de l’Oise en mars 2007 ; Industrie chimique et société, 20e-21e siècle) et des publications d’articles (Gournay-Les Usines, un projet de renouvellement urbain au cœur du quartier industriel de Creil (Oise), reconversions et destructions).



C. Lorieux | 30/03/2009

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